Portrait alumni : Charlotte, de la littérature au management
Elle voulait enseigner le français. Trois ans de fac de lettres et un job étudiant chez McDonald’s plus tard, Charlotte a tout remis à plat. Aujourd’hui à 26 ans, diplômée d’un BTS MCO et d’une Licence RDO obtenus chez Laho, tous deux avec mention très bien, elle revient sur un parcours fait de rebonds, de curiosité et d’une profonde conviction : ce qu’on fait aujourd’hui sera toujours notre force pour demain.
Pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Charlotte, j’ai 26 ans et je vis à Lille. Je me décrirais comme quelqu’un de très dynamique, curieuse de tout et passionnée par l’art, la lecture et l’histoire de l’art. Je suis aussi très sportive, j’aime la rigueur que ça apporte au quotidien.
Vous avez commencé par des études littéraires. Qu’est-ce qui vous a amenée à bifurquer vers le commerce ?
Au lycée, j’avais une vraie relation avec les lettres et j’envisageais de devenir professeur de français. J’ai donc fait Hypokhâgne, puis une licence Lettres, Arts et Humanités à l’Université Polytechnique des Hauts-de-France à Valenciennes, une formation que j’ai trouvée très enrichissante.
En parallèle, j’ai eu un job étudiant chez McDonald’s pendant trois ans. Je voyais ça plutôt comme une contrainte, mais avec le temps, mes missions ont évolué : j’ai accompagné des managers sur des responsabilités qui m’ont vraiment plu. Et j’ai commencé à sentir qu’on m’attendait ailleurs. Je n’ai pas d’explication précise, c’était une intuition, mais elle était forte. J’ai décidé de tout reprendre à zéro pour me professionnaliser dans le management. Et je ne regrette absolument pas d’avoir fait ce choix.
Qu’est-ce que vos deux formations chez Laho vous ont apporté concrètement ?
En BTS MCO, j’ai vraiment construit mes bases dans le commerce, les fondamentaux de la vente, les fiches techniques, le conseil client. C’était rigoureux et nécessaire. J’étais en alternance chez Comptoir des Cotonniers à Valenciennes, en retail semi-luxe, ce qui m’a appris à travailler la relation client en profondeur.
La Licence RDO, désormais licence RDC, a été d’une autre nature, beaucoup plus professionnalisante. On fonctionnait par blocs, l’équivalent de partiels, que l’on structurait soi-même selon les sujets qu’on souhaitait approfondir. Les formateurs avaient presque un rôle de consultants : ils ne statuaient pas sur nos idées, ils nous guidaient. Ça m’a énormément appris en autonomie, en organisation et en gestion des délais. Je suis sortie de là vraiment armée.
Et sur le plan humain, comme j’avais un léger décalage d’âge avec le reste de ma promotion en BTS, j’ai naturellement pris un rôle d’accompagnement. C’est là que j’ai découvert ma capacité à faire preuve de leadership et à aider les autres, quelque chose que je ne savais pas vraiment identifier auparavant.
Y a-t-il des formateurs ou des moments qui vous ont particulièrement marquée ?
Je pense à plusieurs formatrices notamment pour les techniques de recadrage et les mises en situation. On sortait de ces cours vraiment armés pour ce qui nous attendait. Ce que je retiens surtout, ce sont des moments d’échange sincères, beaucoup de bienveillance, et une ambiance qui était à la fois légère et sérieuse.
À quoi attribuez-vous le fait d’avoir obtenu mention très bien aux deux diplômes ?
Quand j’ai décidé de tout recommencer, j’ai choisi de transformer ce que j’aurais pu vivre comme une défaite en point de départ. Alors j’ai joué le jeu à fond : la rigueur, l’implication, le travail en groupe. Mais l’environnement du centre de formation a énormément compté. Chez Laho, j’ai bénéficié d’un accompagnement qui allait parfois au-delà des fonctions de certains formateurs. Et la dynamique de ma promo en licence était vraiment forte, on s’est beaucoup entraidés. Avec tout ça, j’avais toutes les cartes en main.
Après Laho, vous avez fait votre master en alternance chez Primark. Comment s’est passée cette première expérience managériale ?
Ça a été deux années hyper riches. Chez Primark à Lille, j’ai géré des équipes importantes, animé des réunions, fait du recrutement et de la formation. J’ai eu à gérer deux départements successifs et j’ai eu l’opportunité de piloter une problématique transversale sur la gestion de stock et la démarque inconnue. Vision stratégique, humain, opérationnel : tout y était.
Ce que j’ai le plus aimé, c’est de voir mes équipes travailler en autonomie. Quand je suis partie, j’ai reçu beaucoup de belles paroles. Pour moi, c’est ça, la vraie victoire d’un manager : des équipes qui n’ont plus besoin de vous parce que vous les avez bien accompagnées.
Justement, comment définiriez-vous un bon manager ?
Un manager n’est pas là pour faire du descendant. Il n’est pas là pour imposer sa vision. Il est là pour révéler des talents, ouvrir le champ des possibles. Les deux qualités qui me semblent les plus essentielles, c’est l’adaptabilité, parce qu’on gère des profils très différents et qu’il faut savoir recadrer autant qu’encourager, et la capacité à prendre du recul, à avoir une vision 360 pour prendre les meilleures décisions.
J’ajouterais que l’empathie est une vraie force, mais elle peut aussi devenir un point de vigilance. Dans les environnements à fort volume, j’avais tendance à moins communiquer sur mes propres difficultés. C’est quelque chose que j’ai activement travaillé et sur lequel j’ai beaucoup progressé.
Votre parcours littéraire vous sert-il encore aujourd’hui ?
Oui, même bien plus que je ne l’aurais imaginé. Hypokhâgne m’a appris la résilience et les lettres modernes m’ont armée pour le management : savoir s’exprimer, s’adapter à son interlocuteur, aligner son langage à celui de la personne en face de soi pour qu’elle se sente sur un pied d’égalité. Ce sont ces mêmes compétences qui font qu’on peut accompagner une équipe efficacement. Rien ne se perd, tout se transforme. Ce que j’avais vécu comme un détour s’est finalement révélé être une vraie valeur ajoutée.
Que représente pour vous le fait d’être alumni de Laho ?
Un réseau, d’abord. Je pense que nos centres de formation sont souvent notre premier réseau, avant même les réseaux professionnels qu’on se constitue ensuite. Et j’ai gardé des liens avec des personnes de Laho que je sollicite encore aujourd’hui quand j’ai besoin de conseils.
Mais je pense les alumni disent quelque chose de la qualité d’un établissement. Et c’est une ressource qu’il faut aller chercher et entretenir.
Un dernier conseil pour quelqu’un qui hésite à se reconvertir ou à se lancer dans une formation en alternance ?
Je pense que si la question se pose, c’est que la réponse est déjà là. Ça peut faire peur parce qu’on a mis de l’énergie dans un projet, parce qu’on a l’impression de tout recommencer. Mais rien ne se perd. Ce qu’on fait aujourd’hui sera toujours notre force pour demain. Alors s’il y a une envie, une hésitation, une curiosité, il faut foncer.